Responsable Service Développement Logiciel et Image
Qu'est-ce qui fait vraiment durer une collaboration dans le temps ? C'est la question que nous avons voulu poser à notre client Trixell, qui nous fait confiance depuis maintenant plus de 15 ans. Car au-delà du simple contrat qui nous lie, comment passe-t-on d'une relation prestataire-fournisseur à un partenariat où chaque équipe devient une extension de l'autre ?
Nous avons reçu Claude Pettinato, Responsable Service Développement Logiciel et Image, et Julien Braque, Director of Professional Services chez Witekio, pour une conversation croisée sur ce qui a rendu ce partenariat possible et durable.
Si l'histoire de Witekio et Trixell a débuté il y a plus de 15 ans, c'est en 2019 que Trixell décide de formaliser le partenariat. Ce choix a représenté un vrai tournant stratégique pour les équipes techniques de Trixell. « On a complètement changé notre fusil d'épaule », résume Claude Pettinato.
Car faire appel à un partenaire externe est un choix stratégique qui interroge l'organisation des équipes dans leur ensemble : quel rôle joue ce partenaire ? Comment préserve-t-on la souveraineté interne ? Comment s'assure-t-on que les équipes restent en capacité de comprendre, de challenger, de reprendre la main ?
Pour Trixell, une règle d'or : partager un socle commun d'expertise et de connaissances pour rester en capacité de challenger le partenaire externe.
« On a besoin de comprendre ce qu'on fait. Pas d'être experts à la place de Witekio, mais d'avoir une connaissance suffisante pour challenger. » — Claude Pettinato, Trixell
Pour Witekio, la souveraineté du client n'est pas un principe de façade. Elle se traduit concrètement dans les pratiques quotidiennes :
Comme le formule Julien Braque : « L'idée, c'est que si demain Trixell veut travailler différemment, ils ont tout sous la main. Ce n'est pas une posture commerciale, c'est une conviction. »
Ce travail de documentation et de transfert de connaissances a un double effet vertueux : préserver l'indépendance du client et favoriser la montée en compétences des équipes.
Un appel d'offres évalue ce qu'un prestataire sait faire aujourd'hui. Un bon choix de partenaire évalue ce qu'il sera capable de faire demain. C'est cette nuance qui a guidé Trixell dans sa décision de travailler avec Witekio et qui continue de structurer leur collaboration.
« On visait plus loin que Linux dès le départ. C'est la complémentarité et la variété des expertises de Witekio qui nous a convaincus », se souvient Claude Pettinato. La suite lui donne raison. À l'expertise Linux recherchée initialement se sont ajoutées des activités de maintenance, de détection de vulnérabilités CVE, de tests et qualification de modules hardware. Le périmètre a grandi parce que la confiance, elle, était déjà là.
Ce mouvement vers l'avant, Claude et Julien en parlent à travers un événement récent qui illustre bien l'évolution de la relation : un workshop organisé cette année chez Trixell, hors de tout contexte projet, sur les tendances technologiques embarquées. Pour Julien Braque, ce moment dit quelque chose d'important : « C'était un step complémentaire. Nous sommes en train de basculer vers quelque chose de plus large, de plus ouvert. »
Quand deux équipes commencent à construire ensemble en dehors des projets qui les réunissent, c'est le signe que la relation a atteint une autre dimension. Et l'invitation à aller encore plus loin.
Dans toute relation professionnelle, la durée ne va pas de soi. Elle se travaille. Ce que Trixell et Witekio ont construit repose sur trois piliers qui se nourrissent mutuellement.
L'exigence de Trixell est réelle, et les équipes de Witekio ne s'en cachent pas. Au contraire, elles l'ont intégrée comme un standard et s’attachent par exemple à :
Cette rigueur a des effets qui dépassent le projet lui-même. Les outils développés pour répondre aux exigences de Trixell, comme le scanner de vulnérabilités conçu initialement pour ce projet, sont aujourd'hui utilisés sur d'autres projets Witekio. « On a une machine d'intégration continue qui tourne la nuit et produit des rapports qu'on analyse le matin pour détecter les CVE afin de pouvoir prévenir Trixell au plus vite et pouvoir leur proposer une solution optimale », commente Julien Braque.
Alors, l'exigence d'un client devient un accélérateur pour toute une organisation. « C'est un projet que l'on cite souvent en interne comme exemple de ce que l'on sait faire de mieux quand on coche toutes les cases des bonnes pratiques », poursuit Julien.
Rares sont les partenariats qui ne souffrent d'aucune friction. Chez Trixell et Witekio, une règle s'est imposée naturellement : on ne laisse rien s'accumuler, on dit les choses directement.
« Avec Julien, on communiquait dès qu'il y avait un problème. Dans ce cas-là, c'était un appel, soit de lui vers moi, soit de moi vers lui. Jusqu'à maintenant, on a toujours trouvé des solutions. » — Claude Pettinato, Trixell
Julien Braque partage la même conviction : « C'est dans la façon dont on gère les problèmes qu'on voit la vraie nature d'un partenariat. »
Concrètement, cela se traduit par :
« Quand ça bloque vraiment, on peut se voir en quelques heures », rappelle Julien Braque. Des pratiques simples, mais qui font toute la différence sur la durée.
Quinze ans de collaboration, c'est aussi une succession de bilans, d'ajustements, de remises en question. Chez Witekio, l'amélioration continue prend la forme de rituels concrets. Julien Braque le décrit ainsi : « On a fait des rétrospectives régulières, identifié des points de blocage, des choses sur lesquelles on n'a pas été optimum, des petits manques de communication dans un sens ou dans l'autre. On a mis des actions en face, les avons suivies et tracées au fil du temps. Et les choses se sont sans cesse améliorées. »
Ces ajustements touchent aussi l'organisation des équipes. « Quand il y a un budget pour une seule personne, c'est plus pertinent d'en avoir deux à mi-temps. Comme ça, il y a toujours deux ingénieurs capables de se parler et se challenger », explique Julien Braque. Une logique simple, née de l'expérience terrain, et qui fait aujourd'hui partie des standards du projet.
Chez Trixell, cette exigence d'amélioration se traduit par une volonté constante de tirer le meilleur de chaque processus et de chaque composant, d'aller au fond des choses même quand les réponses sont difficiles à obtenir. Une posture qui pousse naturellement les équipes à se dépasser, des deux côtés.
Ce partenariat, qu'est-ce qu'il a vraiment apporté aux équipes ?
Chez Witekio, les collaborateurs qui passent sur les projets Trixell en ressortent formés à un niveau de rigueur que peu d'environnements demandent. « Tous ceux qui sont passés sur le projet sont formés à l'aspect documentaire, à la rigueur qu'on doit mettre en place. Et je l'ai vu : cette rigueur, ils la répliquent ensuite sur les autres projets », témoigne Julien Braque. Un profil senior maintenu deux ans et demi sur un même projet, nourri par la densité et la variété des sujets abordés : pour Julien, c'est l'un des signes les plus concrets de ce que cette collaboration a de singulier.
Côté Trixell, l'effet est aussi humain. S'appuyer sur une équipe extérieure de confiance allège la pression sur les ressources internes et leur permet de se concentrer sur leur valeur ajoutée. « Ça lui a permis de s'appuyer sur des gens en qui il a confiance », dit simplement Claude Pettinato en parlant de son équipe interne.
Cette conversation nous rappelle qu'un partenariat qui dure n'est pas le fruit du hasard. C'est le résultat d'un choix conscient et répété : communiquer franchement, se challenger mutuellement, voir les difficultés comme des opportunités d'amélioration. Bref, avancer ensemble.
